Les soins faciles et moins faciles

Il y a eu une période où je pensais naïvement que la difficulté d’une séance venait de la taille du problème.

Je pensais qu’une entité puissante à déloger, une souffrance ancienne et ancrée à dénouer ou encore un traumatisme particulièrement violent à apaiser nécessitaient forcément plus d’énergie de ma part que de calmer des acouphènes ou tirer les cartes.

Et en fait non. Tant que j’ai les épaules pour l’affronter, une entité puissante ne me fatigue pas forcément plus qu’un petit parasite.

Par contre passer une heure à tenter de me connecter à quelqu’un avec qui ça ne passe pas, même si c’est juste pour calmer une douleur dentaire, là c’est épuisant.

C’est encore la question d’être la bonne clef au bon moment. C’est pour ça que quand quelqu’un me demande si je peux les aider je dis souvent « C’est possible, est-ce que vous ressentez l’envie de me rencontrer ? »

Ce n’est pas une question de type ou de force du symptôme, ni même de force de la cause.

La question est dans le lien entre le patient et moi. Est-ce que la personne est réellement prête à recevoir un soin du type que je propose? Est-ce qu’elle est prête à le recevoir de ma part? Est-ce que je suis prête à me connecter à cette personne, à ce moment là, avec le problème qu’elle m’amène?

Et quand je parle d’être prêt à recevoir un soin il ne s’agit pas non plus d’y « croire ». Certaines personnes arrivent blindées de scepticisme, et repartent blindée de scepticisme. Ça n’empêche pas le soin d’agir, et iels me remercient de ma maîtrise de l’effet placebo et de la psychologie.

À l’inverse des gens arrivent avec des croyances parfaitement alignées sur les miennes mais rien ne se débloque.

Parce que « être prêt » ça n’est pas « vouloir guérir » ou « croire à la magie ». C’est être prêt à avoir son image de soi chamboulée, à voir ses peurs et ses hontes en face, à se sentir faible, à se sentir temporairement fortement lié à moi et sous mon influence. Tout ça n’arrive pas forcément dans une séance. Mais ça peut. Et ça demande donc d’être prêt.

Prêt à l’échec aussi. Prêt à découvrir que même si toutes les conditions semblent réunies, même si le soin se passe bien, même si je suis la bonne clefs dans la bonne serrure… En fait la porte ne donne pas là où l’on croyait. Ce qu’on souhaitait guérir ne peux pas l’être. Et le soin devient alors un soin d’acceptation, de deuil, de lâcher prise.

Et avec tout ça je suis surprise de voir qu’une grande partie de mes patients SONT prêts. Et pour les autres, ça les décourage rarement : je peux au moins atténuer les symptômes, leur indiquer d’autres thérapies, leur donner des conseils pour être prêt dans l’avenir…

Bref. Tout ça pour dire qu’aujourd’hui je me suis préparée à un soin en m’attendant à soulever une montagne. L’entité était puissante, la personne sérieusement blessée, la situation ancienne et ancrée… Et tout s’est passé fluidement et simplement. Tout était prêt, à commencer par moi. Merci donc ❤

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